Saturday, 21 October 2017

La révolte du Mahdi Naissance du Soudan britannique réalisé par Robert Schotter



Retour sur la destinée de l’Autrichien Rudolf Slatin (1857-1932), gouverneur déchu d’une province soudanaise et artisan de sa reconquête par l'Angleterre.

Dans les années 1880, le sud du Soudan est le théâtre d’une rébellion menée par le très charismatique Muhammad Ahmad. Élevé au rang de mahdi ("sauveur de l’islam"), ce dernier s’attaque avant tout à l’autorité coloniale européenne et aux réformes économiques introduites par les Britanniques. Sous l’impulsion de ce nouveau chef, un État théocratique aux règles strictes est instauré : toute forme d’art et toute marque d’opulence sont interdites. Pris dans ces bouleversements, le gouverneur Rudolf Slatin (1857-1932) doit se convertir à l’islam et est emprisonné à la cour du mahdi. À la mort de Muhammad Ahmad, en 1885, il s’échappe et parvient à rentrer en Europe. Après s'être lié d’amitié avec la reine Victoria, il va conseiller les forces britanniques qui cherchent à reconquérir Khartoum et sa région.

La fabrique du cerveau réalisé par Cécile Denjean



Dans les laboratoires du monde entier, la course au cerveau artificiel a déjà commencé. Enquête sur ceux qui tentent de transformer l’homme en être digital afin de le libérer de la vieillesse et de la mort.

La science-fiction a inventé depuis longtemps des robots "plus humains que l’humain", mais ce fantasme n’a jamais été plus près d’advenir. Aujourd’hui, des neuroscientifiques et des roboticiens se sont donné pour objectif de créer un cerveau artificiel capable de dupliquer le nôtre. Leur but : extraire l’ensemble des informations "programmées" dans notre cerveau pour les télécharger dans une machine qui nous remplacera et vivra éternellement. Rêve ou cauchemar ? Du Japon aux États-Unis, pionniers en la matière, Cécile Denjean ("Le ventre, notre deuxième cerveau") enquête aux frontières de la science et de la fiction, sur des recherches aux moyens démesurés.

Éternité digitale
La "brain race" ("course au cerveau") a aujourd'hui remplacé la "space race" ("course spatiale"). Après le séquençage du génome, la cartographie complète des connexions neuronales humaines, le Connectome, constitue le nouvel horizon de nombreuses recherches en cours. Cette "carte" du cerveau, récemment esquissée, comporte encore beaucoup de zones inexplorées. Pourra-t-on un jour "télécharger" les données d'une conscience individuelle comme on installe un logiciel ? Les enjeux diffèrent considérablement selon les acteurs. Dans le cas de grands projets scientifiques financés par les gouvernements, il s'agit de mieux comprendre le cerveau. Pour les transhumanistes, le but avoué est d’atteindre l’immortalité. Quant à l’empire Google, qui s'y intéresse également de près, il ambitionne de créer une intelligence capable d’apprendre et d’interagir avec le monde. Cette quête insensée, si elle aboutit un jour, offrira-t-elle l’éternité digitale à quelques milliardaires ? Donnera-t-elle naissance à une intelligence artificielle mondiale et désincarnée ?

Friday, 20 October 2017

1917, il était une fois la révolution - La Russie des Tsars entre en révolution réalisé par Bernard George



Dans le fracas de la Première Guerre mondiale, saignée par les combats, éprouvée par la faim, la Russie des Tsars entre en révolution. Pour tout un peuple, l'espoir renaît. Mais le rêve ne va pas durer. Alors que le chaos se propage dans le pays, une poignée d'hommes va s'emparer du pouvoir, et changer le destin de l'humanité. La postérité n'a retenu que la révolution d'octobre, mais a oublié celle de février, qui aurait pu conduire la Russie vers un tout autre destin. Retour sur les événements qui se sont succédé au cours d'une année décisive pour l'Histoire...

1917, «La Fayette nous voilà !» réalisé par Jean-Yves Le Naour & Grégory Laville



De 1917 à 1918, deux millions de soldats américains traversent l'Atlantique pour combattre dans les tranchées, aux côtés des poilus. Le documentaire raconte cette découverte mutuelle, cette rencontre entre l'ancien et le nouveau monde, faite d'étonnement respectif, d'amitié, mais aussi d'incompréhension et de confrontation. Entre ces deux peuples, le choc culturel est parfois assez violent, tant leur façon de vivre est diamétralement opposée. Ainsi, si les Américains sont attendus comme le Messie par des Français épuisés de trois ans d'un conflit impitoyable, certaines de leurs attitudes surprennent, voire choquent les soldats français. Inversement, les Américains, s'ils rendent hommage aux Français pour leur bravoure, n'hésitent pas à critiquer leurs moeurs et à dénoncer la saleté et l'archaïsme de la France.

Chantal : en vrac réalisé par Jacques Leduc



Un film sur les jeunes de vingt ans par un cinéaste de la même décade. L'ennui, le désarroi se lisent derrière les paysages d'un automne trop beau et les visages insouciants de Chantal et de Robert. Entrecoupé de séquences d'actualité, s'insurgeant contre certains procédés cinématographiques traditionnels, Chantal : en vrac constitue une expérience formelle, d'un caractère moderne et critique.

La route de l'argent, Mexique-USA réalisé par Christophe Cousin



Le réalisateur Christophe Cousin est parti au Mexique, découvrir «la route de l'argent», classée au Patrimoine mondial de l'Unesco. Longue de 2560 kilomètres, elle relie Taxco à Las Vegas. Construite par les colons, elle a été utilisée entre le XVIe et le XIXe siècles pour acheminer vers l'Espagne l'argent extrait des mines locales. Aujourd'hui encore, cette route génère convoitise et espoirs, et reste un itinéraire semé d'embûches et de dangers. En chemin, Christophe Cousin croise des clandestins qui rêvent d'un meilleur destin, des gens qui travaillent le précieux métal avec passion dans les ateliers, d'autres qui triment dans les mines ou d'autres encore qui fuient la folie du lieu dans un ermitage ou dans une communauté.

Singapour, la jungle urbaine - Concilier développement et biodiversité réalisé par Claire Clements



Malgré une densité de population parmi les plus fortes au monde, Singapour a su préserver une végétation luxuriante. Comment cette "ville-jardin" concilie-t-elle respect de la biodiversité et vie urbaine ?

Un ensemble de mesures de réhabilitation et d’entretien des espaces naturels a permis à Singapour de retrouver une apparence verte et fleurie, malgré l’énorme pression qui pèse sur ses rares espaces encore naturels. Des parcelles de pelouse, des parcs récréatifs pour les enfants et une multitude d’arbres s’insèrent ainsi entre les bâtiments. Ces espaces sont reliés par des "green corridors", des couloirs biologiques qui permettent aux espèces animales de se déplacer sans être dérangées par l’activité urbaine. Comment la cohabitation entre les hommes et les animaux se passe-t-elle ? Certaines espèces s’en sortent-elles mieux que d’autres ?

Thursday, 19 October 2017

Tasmanie le petit peuple des grottes réalisé par Niall Doran & Justin Smith



Rencontre avec une survivante de la dérive des continents, l’araignée troglodyte de Tasmanie. Ce documentaire plonge dans l’obscurité des grottes à la découverte de cet arachnide plurimillénaire.

Couverte à 40 % de terres sauvages protégées, la Tasmanie abrite de nombreuses espèces végétales et animales endémiques. Une partie de cette faune n’est cependant pas visible en surface, et c’est sous terre – dans le large réseau souterrain de grottes karstiques – que se trouvent les spécimens les plus étranges. Parmi eux, la grande mais discrète araignée troglodyte de Tasmanie, dont les plus proches cousines peuplent les forêts d’Amérique du Sud. Survivante de la dérive des continents et du cataclysme qui a eu raison des dinosaures, "Hickmania troglodytes "est longtemps restée un mystère pour les scientifiques. Ce documentaire plonge dans l’obscurité des grottes de Tasmanie à la découverte de ces arachnides plurimillénaires.

Singapour, la jungle urbaine - Préserver les espaces naturels réalisé par Claire Clements



Singapour, la "ville jardin", connaît l'une des densités démographiques les plus fortes au monde. Comment parvient-elle à préserver la biodiversité ?

Comment vivent les espèces sauvages à Singapour ? Si la ville occupe la majorité des surfaces, quelques réserves préservent ce qui reste de la forêt primaire, dont environ 90 % a aujourd'hui disparu en raison de l'urbanisation galopante. La partie ouest de l'île a ainsi été volontairement maintenue à l'état naturel. Ses zones humides, mangroves ou forêts tropicales abritent une faune restée très riche. Mais 70 % des espèces animales de l'île restent menacées par la perte de leur habitat naturel.

La police sur le fil réalisé par Claire Tesson



Cinq policiers de terrain se livrent, sans tabou ni autocensure, sur la violence de leur quotidien. Ils racontent comment une course-poursuite provoque une bagarre, comment une simple manifestation se transforme en véritable champ de bataille, ou bien comment, parfois, une banale intervention de police se termine en tragédie. Mus par un idéal, ces policiers sont soumis à la fatigue, à la pression du chiffre, à un rythme de travail décuplé avec l'État d'urgence, mais aussi à des relations de plus en plus tendues avec certains civils.

Le fil, c’est cette ligne ténue sur laquelle évoluent des flics souvent mus par un idéal, mais soumis quotidiennement à la pression du chiffre, au stress lié à un état d’urgence prolongé et à des relations de plus en plus tendues avec une partie de la population..

À travers ces témoignages rares, qui donnent à entendre l'homme sous l'uniforme, ce documentaire permet de mieux comprendre comment ces policiers gèrent cette violence constitutive de leur environnement de travail.

Wednesday, 18 October 2017

En voiture autour du monde - Les aventures de Clarence Stinnes réalisé par Kirsten Hoehne & Anja Kindler



Pionnière des courses automobiles, l’Allemande Clärenore Stinnes (1901-1990) est la première femme à avoir fait le tour du monde en voiture. Un documentaire passionnant sur les traces d'une aventurière passeuse de frontières.

En 1927, une femme part de Francfort pour effectuer le tout premier tour du monde en automobile. Clärenore Stinnes (1901-1990), fille d’une riche famille d'industriels, a tourné le dos aux conventions de sa classe pour participer, dès l'âge de 24 ans, à plusieurs courses automobiles. Avec dix-sept victoires à son actif en 1927, elle prend le départ, accompagnée du photographe et caméraman suédois Carl-Axel Söderström, ainsi que de deux techniciens. S'ensuit un tour du monde par l'est, vite marqué par l'abandon des deux techniciens. Clärenore et Carl-Axel, faisant fi de toutes les mises en garde, continuent, traversant le lac Baïkal gelé, le désert de Gobi, sillonné de bandits, etc. Leur périple durera deux ans et un mois.

Épopée
Les documentaristes Kirsten Hoehne et Anja Kindler se sont lancées sur les traces de l'extraordinaire voyage de Clärenore Stinnes, accumulant photos et séquences filmées, entrecoupées d'extraits d'interviews de cette conductrice d'exception. Épuisement physique, phases de désespoir, pistes impraticables, pannes mécaniques, tracas administratifs… : chaque continent fournit son rebondissement (dont un passage à la dynamite dans les Andes), dans ce documentaire passionnant sur cette étonnante passeuse de frontières.

Télévision (Histoires Secrètes) réalisé par Marie-Ève Chamard & Philippe Kieffer



C’est l’histoire d’un microcosme, d’un petit groupe d’industriels, de mini-titans qui se sont déchiré durant les années 1980 pour obtenir une part du gâteau audiovisuel français. Plus habitués à entendre les sourds échos de la guérilla que mènent les starlettes du petit écran entre elles, les téléspectateurs découvrent d’étonnantes histoires secrètes grâce à ce document en béton. Ses auteurs, Marie-Ève Chamard et Philippe Kieffer, évoquent ici leur travail.

Tous deux journalistes à Libération durant 10 ans, ces spécialistes des médias que sont Marie-Ève Chamard et Philippe Kieffer ont été aux premières loges pour assister au grand André Rousseletchambardement qu’a connu le paysage audiovisuel français à partir de l’élection de François Mitterrand. En 1992, ils ont publié La Télé, 10 ans d’histoires secrètes (Flammarion), un ouvrage de référence. Comment adapter ces 700 pages alertes, quoique riches en données techniques et macro-économiques, en trois heures de documentaire ? Grâce au réalisateur Maurice Dugowson et au monteur Fabrice Ferrari, la métamorphose de l’imposant pavé en un film accrocheur est réussie.

Les acteurs sont filmés in situ : les images des beaux quartiers, de bureaux et d’appartements chics qui rythment le document, installent le spectateur dans un fauteuil présidentiel. Télévision a le ton d’un polar (le commentaire est dit par Jean-Claude Dauphin) où l’on compte les coups fourrés entre, non pas des gangsters, mais des hommes d’affaires et politiciens retors. Les extraits d’archives dynamisent le document en infirmant ou confirmant les propos tenus.

Découpé en trois parties : Géniteurs, Opérateurs et Prédateurs, Télévision évoque en détail les turbulences dans le service public de l’après 10 mai 1981, la création de la Haute autorité et de ses successeurs, la fondation de Canal +, de La 5, de TV6 et de M6, la privatisation de TF1, mais fait l’impasse sur les multiples projets concernant le câble et les satellites racontés dans le livre. La part spectaculaire des événements passe à merveille, au travers des témoignages de leurs acteurs. Fini le temps où les décideurs gardaient pour eux leurs intentions et leurs actes, préférant attendre une future retraite pour livrer leurs confidences. Les principaux protagonistes racontent ici avec verve leurs espoirs et rancœurs accumulés durant deux septennats. Les patrons Jacques Rigaud (CLT) et André Rousselet (Canal +) sont connus pour leur humour caustique, on est plus surpris par l’esprit dont fait preuve Patrick Le Lay (TF1) qui est surtout célèbre pour ses colères.

En trois fois une heure, on mesure dans quelle pagaille s’est effectuée l’entrée des industriels dans les médias audiovisuels. Cherchant avant tout à contrôler la télévision, les politiques ont largement improvisé la concrétisation de leurs décisions. François Mitterrand est clairement désigné comme le maître d’œuvre de cet imbroglio, suivi bon gré mal gré par ses ministres Fillioud, Lang, Tasca, Kiejman qui disent ici leur désarroi. Canal +, La 5 et TV6 ont vu le jour par la grâce du prince sans qu’à aucun moment la règle du jeu soit clairement définie. Lorsque la droite revient au pouvoir en 1986, elle prend le même chemin. Aujourd’hui, le climat se maintient dans une tension permanente, les jeux sont faits, chacun a trouvé sa chaîne, l’audiovisuel français est devenue une industrie comme les autres.

Première partie : Géniteurs

1981. La nouvelle majorité socialiste ouvre une brèche dans le monopole en autorisant les radios locales privées. Les PDG de l’audiovisuel sont remplacés. Georges Fillioud est nommé ministre de la Communication.

Le procès de la « télévision giscardienne » est fait dans la rue, dans les couloirs des chaînes et du nouveau pouvoir. Selon André Rousselet, alors conseiller du nouveau président : « Pour les politiques, ne comptent que les informations » lorsqu’ils s’intéressent à la télévision. Georges Fillioud explique aujourd’hui comment il a fait couper les lignes de téléphone qui le reliait directement aux PDG des chaînes.

1982. La loi du 29 juillet relative à la liberté de communication audiovisuelle met fin au monopole. La Haute autorité est fondée (Michèle Cotta, présidente).

Depuis quelques années, l’homme d’affaires Jean Frydman travaille sur un projet de télévision cryptée dont les programmes seraient diffusés dans les créneaux vides des trois chaînes d’État. TVCS s’inspire des pay TV américaines. Pour avoir soutenu Giscard, Frydman est mis hors jeu. L’agence Havas récupère le dossier nommé Canal 4. Lors de son arrivée à la tête de la société, Rousselet, qui avoue ne rien connaître aux médias à cette époque, le découvre avec surprise. Antoine Lefébure raconte : « Il a trouvé ce qu’il allait faire à Havas. »

1984. Canal +, la première chaîne de télévision privée française voit le jour. Elle est dirigée par le président d’Havas, André Rousselet.

Personne ne croit à Canal +, qui va connaître une première année difficile. L’ambition d’y diffuser des programmes culturels a été abandonnée, on s’oriente vers l’idée d’une chaîne « cadeau » offerte aux Français. Pendant ce temps, Jacques Chirac annonce ses projets en matière d’audiovisuel. Il prévoit la privatisation de deux chaînes du service public.

Deuxième partie : Opérateurs

1985. Création de la SEPT et de Médiamétrie.

L’ouverture de l’espace hertzien aux télés privées provoque une onde de choc. Quelques chaînes pirates apparaissent tandis que les industriels se mettent sur les rangs (Hersant, Hachette, Publicis). Un homme d’affaire italien, Silvio Berlusconi, s’introduit dans le jeu sur recommandation de Mitterrand, via Bettino Craxi. Son arrivée provoque des remous jusqu’au gouvernement. Savoureux moment où l’on apprend que Berlu s’en allait à la rencontre de Jack Lang, un lingot d’or en poche… On annonce la mort de Canal + : Berlusconi comme Jean Riboud, patron de Schlumberger, manœuvrent pour récupérer la chaîne. Rousselet tient bon et en appelle à l’arbitrage du président. Dans le plus grand secret, Berlusconi et Seydoux sont choisis comme opérateurs de la future 5, tandis que Publicis, Gaumont et NRJ obtiennent le sixième réseau. Jacques Rigaud, patron de la CLT fulmine : il n’y a pas de compétition, les jeux sont truqués. Lorsqu’on apprend les avantages qu’a obtenu La 5, le tollé est énorme.

1986. La 5 et TV6 ouvrent leur antenne. Au parlement, la majorité change, Jacques Chirac est nommé Premier ministre, François Léotard, ministre de la Communication. Une nouvelle loi prévoit la privatisation de TF1, de TDF et de la SFP. La Commission nationale de la communication audiovisuelle (CNCL), présidée par Gabriel de Broglie, remplace la Haute autorité. Les PDG du service public sont remplacés.

Les deux nouvelles chaînes commencent à émettre à la veille des élections législatives. On espère en haut lieu que cela permettra de gagner des voix. Rien n’y fait, la gauche est battue. La droite annule les concessions de La 5 et de TV6, elle annonce la privatisation de TF1. Maurice Lévy, patron bafoué de TV6, est encore aujourd’hui écœuré et doute que « la France soit un État de droit. »

1987. TF1 est privatisée. Le tour de table est dominé par l’entrepreneur Francis Bouygues. La 5 est réattribuée à Berlusconi auquel s’est joint Robert Hersant. TV6 diffuse ses dernières images. Le sixième réseau est attribué à M6, création d’un consortium dominé par la CLT.

Un appel d’offre est lancé par la CNCL pour l’achat de TF1. Branle-bas de combat : les tours de table s’organisent. Après de nombreuses négociations, la bagarre pour TF1 se fera entre Hachette et Bouygues. Hersant renonce à TF1 et se rapproche de Seydoux et Berlusconi pour la réattribution de La 5. Carlo Freccerro, conseiller de ce dernier, qualifie cette alliance de « mariage diabolique entre deux monstres ». Rigaud (CLT) et La Lyonnaise des eaux se rabattent sur le sixième réseau. Chacun rivalise dans le « mieux-disant culturel ». Le cynisme est de rigueur, personne ne songe un instant respecter ses engagements.

Troisième partie : Prédateurs

Pendant qu’Hervé Bourges, dernier PDG de TF1 public « joue le jeu » de la privatisation, les concurrents peaufinent leurs dossiers. Catastrophe pour Hachette, la mise à prix de 3 milliards de francs (pour 50 % des parts) est trop élevée pour son allié Havas, qui se retire. En outre, Bouygues menace de saisir le Conseil d’État : la BNP n’a selon lui pas le droit de faire partie du tour de table de Hachette. Le lobbying de Bouygues, « systématique et scientifique » selon Patrick Le Lay (TF1), séduit les membres de la CNCL. Le grand jour de la présentation des dossiers arrive. Moments comiques que ces extraits de bandes vidéo où l’on voit Francis Bouygues suivre les cours de « tchatche » de Bernard Tapie… Les patrons d’Hachette assistent à la prestation matinale du staff de Bouygues devant la CNCL, dont les membres sont tout sourire. Pour eux, l’après-midi sera maussade. En butte à de nombreuses objections, Hachette réalise que les jeux sont faits. Yves Sabouret se souvient : « On a compris que l’on n’avait rien compris. » A 10 voix contre 3, Bouygues emporte la Une. La CNCL est complètement discréditée.

1988. La réélection de François Mitterrand entraîne le remplacement de la CNCL par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) dirigé par Jacques Boutet. Jack Lang et Catherine Tasca sont les nouveaux ministres en charge de la communication.

Des vedettes de TF1 partent pour La 5. Silvio Berlusconi déclare : « Il faut attraper les stars avant que le béton soit sec. » Droits de diffusion et salaires explosent : de cette époque date la guerre des chaînes. Les programmes de La 5 sont un échec. TF1 met de l’ordre dans son domaine (renvoi de Michel Polac).

1989. Antenne 2 et FR3 sont réunies au sein de France Télévision. Le premier PDG est Philippe Guilhaume.

Surprise : la présidence commune du service public est née d’une idée de Patrick Le Lay alors qu’il discutait avec Jack Lang d’un projet consistant à reprendre La 5 pour y diffuser des programmes complémentaires : « J’aurais mieux fait de me taire » confie-t-il aujourd’hui. Le pouvoir verrait bien Hervé Bourges à la tête de France Télévision, mais le CSA lui préfère un outsider. Du côté de La 5, Seydoux et Berlusconi tentent en vain d’évincer Hersant qui se vengera en lâchant la chaîne, qu’il sait perdue, en vendant ses parts à Hachette.

1990. Robert Hersant quitte La 5, l’opérateur en devient le groupe Hachette dirigé par Jean-Luc Lagardère.

L’avis est unanime : le CSA n’aurait pas du accepter ce transfert de parts. Mais Jean-Luc Lagardère (Hachette) assure qu’il peut redresser la barre. Le service public va mal, Philippe Guilhaume démissionne. Hervé Bourges prend sa place à la tête de France Télévision.

1992. La 5 dépose son bilan et arrête ses programmes. Arte, chaîne culturelle franco-allemande, s’installe en soirée sur le réseau laissé vacant. Jérôme Clément en est le PDG.

Les pertes de La 5 s’élèvent à trois milliards de francs. Berlusconi propose une relance de la chaîne, mais plus personne ne veut de lui. « On l’avait assez vu ! » (Jacques Rigaud). La disparition de La 5 arrange tout le monde. Il y avait une chaîne de trop. La manne publicitaire se répartit entre les télés restantes, tandis que le cinquième réseau est « neutralisé » par le lancement d’Arte.

Qui a tué Jaurès ? réalisé par Philippe Tourancheau



Le 31 juillet 1914, à 21h40, Jean Jaurès, ardent pacifiste engagé à empêcher la guerre, est assassiné. Raoul Villain, son meurtrier, un nationaliste, est arrêté sur-le-champ. Lors de sa fouille, les policiers découvrent une importante somme d'argent. Un indice suffisamment troublant pour que Villain soit soupçonné d'être le bras armé d'un commanditaire. Sous forme de saynètes dialoguées et d'interventions d'historiens, avec Philippe Torreton dans le rôle de Jaurès, ce documentaire retrace l'enquête qui a suivi l'assassinat du leader de la gauche ainsi que les interrogatoires de témoins et de Villain. Il revient sur les dernières heures de la paix, relate le combat politique de Jean Jaurès et analyse la complexité de la situation internationale de l'époque. Le 1er août, le gouvernement français annonçait la mobilisation générale des troupes.

Les plus beaux gâteaux du monde réalisé par Jean-Pierre Petit



La pâtisserie française, qui a su s'imprégner des douceurs sucrées du monde entier, est aujourd'hui reconnue comme l'une des meilleures. Du mythique «doughnut» américain au fameux turon espagnol, sans oublier l'art japonais du «wagashi», un tour du monde des savoir-faire et des traditions en compagnie de Christophe Adam, chef pâtissier qui a officié chez Fauchon durant 10 ans. Ce fin connaisseur, qui a ouvert depuis ses propres magasins dans la capitale, part également à la rencontre de ceux qui détiennent le secret pour réaliser ces chefs-d'oeuvre sucrés. Au menu de cette odyssée pâtissière, des saveurs d'ici et d'ailleurs.

La petite histoire des super-héros réalisé par Cédric Couvez



Depuis près de 80 ans, les super-héros peuplent l'imaginaire populaire. Longtemps cantonnés aux pages des comics, ils deviennent, à partir des années 2000, des vedettes de cinéma et battent tous les records du box-office. Deux maisons d'édition dominent le secteur : DC Comics et Marvel. Celle-ci doit son succès à l'imagination débordante de Stan Lee, père des Quatre Fantastiques, de Iron Man ou des X-Men.