Sunday, 1 March 2015

Des racines et des ailes; Passion patrimoine - En remontant le Lot réalisé par Lucile Bellanger



De sa confluence avec la Garonne jusqu'à sa source sur le Mont Lozère, à 1300 mètres d'altitude, un voyage de près de 500 kilomètres permet de découvrir la vie le long du Lot. Ainsi, Georges Lot, historien, propose de découvrir l'histoire de ce cours d'eau depuis un ULM. La promenade se poursuit à Saint-Cirq-Lapopie, l'un des plus beaux villages de France, qui abrite la maison d'André Breton. En Aveyron, puis le long du plateau de l'Aubrac, Gonzalo Diaz, accompagnateur en montagne, offre une visite de la région, de la cascade du Déroc à un ensemble de petits affluents: Les Boraldes. Ensuite, direction la Lozère, avant de parvenir aux sources du Lot.

Georges Lot, un historien, nous fait découvrir, à bord d’un ULM, l’histoire de ce cours d’eau vu du ciel. Du Moyen Âge au début du siècle dernier, le Lot, importante voie de communication, servait à acheminer des marchandises du Massif central jusqu’au port de Bordeaux. Témoins de cette intense activité économique : les tours péagères permettaient de percevoir des droits de passage, les bastides ces villes nouvelles du Moyen Âge, et le château fortifié de Lustrac. Le cours d’eau serpente alors dans une vallée couverte de vergers. Ils produisent la prune d’Ente à l’origine du fameux pruneau d’Agen.

Au 19ème siècle, le Lot connaît une grande période industrielle et le phosphate fait la richesse de la région. Des mines sont exploitées pendant une trentaine d’années. Aujourd’hui des scientifiques partent explorer ces phosphatières, à la recherche d’étonnants fossiles.

A Saint-Cirq-Lapopie, l’un des plus beaux villages de France, des passionnés veulent acquérir la maison d’André Breton et en faire un lieu dédié au poète. En 1950, le chef de file du surréalisme y achète une maison de marinier où il vient tous les étés. Tout près de là, le Lot rencontre le Célé. Cet affluent nous permet de remonter jusqu’à Figeac, la perle de cette rivière. Edifiée autour d’une abbaye, elle fut l’une des grandes cités marchandes du Quercy aux 13ème et 14ème siècles. Benjamin Philip, responsable du patrimoine, nous emmène à la découverte de ses splendeurs cachées.

La rivière traverse ensuite l’Aveyron et longe le plateau de l’Aubrac. Ce massif est un sanctuaire à préserver, car il recèle un trésor : l’eau. Avec ses nombreux ruisseaux, ses lacs glaciaires et ses tourbières, c’est un immense réservoir qui alimente le Lot. Gonzalo Diaz, accompagnateur en montagne, nous emmène de la cascade du Déroc, haute d’une trentaine de mètres, jusqu’aux Boraldes : multitude de petits affluents cachés dans des vallées boisées qui dévalent jusqu’au cours d’eau.

Nous quittons ensuite les pentes de l’Aubrac et ses cascades pour traverser le plateau, en direction du nord, et rejoindre la Truyère. C’est le principal affluent du Lot. Au cours du 20ème siècle, des barrages ont été installés tout au long. En 2014, celui de Sarrans a été le théâtre d’une opération exceptionnelle. Il a été entièrement vidangé pour travaux. Une occasion unique pour Guilhem Vuarand, son directeur, de découvrir les vestiges du pont et du hameau, engloutis lors de sa mise en eau dans les années trente.

Lorsque le Lot pénètre en Lozère, là où il naît, il passe par Mende. Au coeur de cette ville surgit une cathédrale monumentale, édifiée au 14ème siècle par le pape Urbain V. Aujourd’hui, Dominique Vermorel et son équipe restaurent ses deux clochers et redécouvrent des sculptures exceptionnelles.

Fin du voyage aux sources du Lot en compagnie de randonneurs. Ils marchent sur les traces de Robert Louis Stevenson... à la fin du 19ème siècle, l’auteur de « L’île au trésor » traverse les Cévennes en compagnie d’un âne. Nous les suivons jusqu’au sommet du mont Lozère.

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