Friday, 17 April 2015

Des racines et des ailes - De Barcelone aux Baléares réalisé par France 3



Le rêve de Gaudi
La Sagrada Familia: une basilique unique au monde ! Conçue par l’architecte catalan Antoni Gaudi, cette basilique colossale se trouve en plein centre de Barcelone. Le chantier a commencé en 1882 et devrait prendre fin en 2026. La Sagrada Familia sera alors la basilique la plus haute du monde. Ses dimensions seront gigantesques : longue comme un stade de foot, elle s’élèvera jusqu’à 172,5 m – soit 35 m plus haut que la basilique Saint-Pierre de Rome, et 103 m plus haut que la cathédrale Notre Dame de Paris !

La Sagrada Familia, consacrée en 2010 par le pape Benoit XVI, est une véritable aventure architecturale, technique et humaine... Un monument à la fois fascinant et déroutant, d’autant plus surprenant que presque tous les dessins et plans originaux de Gaudi ont disparu en 1936, lors de la guerre civile. Les bâtisseurs d’aujourd’hui tentent malgré tout de rester fidèles au projet initial, dont il reste quelques vestiges. Voyage au cœur d’un chantier exceptionnel…

Jordi Fauli est architecte en chef. Une lourde responsabilité! Il nous emmène au cœur du chantier, à l’endroit même où se dressera la tour du Christ, la plus haute tour de la basilique, qui dominera toute la ville. Avec lui, nous découvrons aussi l’architecture de la basilique. Gaudi a créé de nouvelles formes et structures pour supporter l’édifice. Résultat : la Sagrada Familia est non seulement immense mais également inondée de lumière !

Feliu Martin, responsable de l’atelier des tailleurs de pierre, éprouve une réelle fierté à travailler à la Sagrada Familia, car la technique de la taille de pierre est unique ici. Feliu nous fait admirer la géométrie surprenante des lieux : les clochers de forme parabolique, les fenêtres en hyperbole… Autant de formes complexes conçues par Gaudi, en recherche constante de beauté, d’élévation et d’harmonie nouvelles.

Enfin, Etsuro Sotoo, artiste d’origine japonaise, nous surprendra lui aussi. Il est chargé de l’atelier sculpture. Depuis 36 ans, il voue sa vie, et son art, à la Sagrada Familia. Fasciné par l’œuvre de Gaudi, il tente de rester en harmonie avec son œuvre. Nous le suivons dans les hauteurs de la basilique, pour découvrir les sculptures recouvertes de mosaïques vernissées et colorées. Une technique très appréciée de Gaudi.

Loli Toribio habite en face de la Sagrada Familia depuis plus de 80 ans. Elle nous fait découvrir, avec fierté et émotion, la vue exceptionnelle de ce chantier plus que centenaire qui la fascine depuis son enfance.
Le goût de Barcelone
Suite aux jeux olympiques de 1992, Barcelone a subi de profondes mutations. Sur le front de mer c’est une nouvelle cité que l’on découvre aujourd’hui. La ville s’est ouverte sur la Méditerranée. Les industries du front de mer ont disparu, et sur les plages, les Catalans profitent de la douceur du climat.

Depuis la mer, traditionnellement, c’est par les Ramblas que le voyageur entre dans Barcelone. Véritable poumon de la ville, l’avenue a été, au XIXe siècle, le lieu où il fallait vivre. De cette époque, il reste quelques grandes demeures. Dans une petite rue, à quelques pas des Ramblas, nous découvrons le Palais Güell. C’est le premier édifice civil construit par Antoni Gaudi. Il marque surtout le début de la collaboration de l’architecte avec son grand commanditaire : l’industriel catalan Eusebi Güell. Cette demeure va être pour Gaudi un véritable laboratoire. Soumis aux contraintes et aux désirs de son commanditaire, il trouve des solutions architecturales étonnantes.

Sur les hauteurs de Barcelone, le parc Güell est le résultat d’une autre collaboration de l’industriel avec son ami Gaudi. Sur cette colline face à la mer, les deux hommes vont imaginer en 1900 une cité-jardin, un lotissement pour la bourgeoisie de la ville. Le projet va être un échec fracassant, seules trois parcelles seront vendues. De ce projet fou, il reste les espaces publics imaginés par l’architecte. Aujourd’hui, le parc Güell est l’un des sites les plus visités de la ville et nous verrons comment les conservateurs gèrent cet espace fragile.

Sur l’une des grandes avenues de la ville, la plus célèbre maison imaginée par Gaudi, la Pedrera, est en travaux. Les techniques particulières utilisées par Gaudi pour la bâtir, et la fragilité de la pierre font de cet édifice une construction hors du commun qui nécessite des soins réguliers. Avec Ramon Garriga, l’architecte en charge des travaux, nous accèderons au plus près de la façade pour découvrir les formes uniques créées par l’architecte catalan. Aujourd’hui encore, la ville est le terrain de jeu des plus grands architectes. Dans le quartier de San Marti, nous découvrirons la tour Agbar de l’architecte Jean Nouvel et le tout nouveau marché aux puces des Encants avec son étonnant toit miroir.

Nous assisterons, au cœur du centre historique, à l’ouverture de la saison du magnifique Palais de la Musique catalane, construit en 1905 par l’architecte Lluis Domenech i Montaner, alors à l’apogée de sa gloire, et décoré par de nombreux grands artistes de l’époque. Cette construction exubérante, emblématique du style Art nouveau qui fleurissait alors à Barcelone, est un éblouissement de céramiques et de vitraux colorés. Il fut gratifié, dès son inauguration, de la récompense du plus beau bâtiment de l’année par la municipalité de Barcelone.

Etape incontournable à Barcelone, le marché de la Boqueria, situé sur les Ramblas, est certainement le plus courru de la ville. Tony Romero, l’un des jeunes chefs qui montent, y a ses habitudes. Au milieu des allées, nous allons découvrir quelques-unes des grandes traditions culinaires catalanes, comme « le mar y montana », une association de goûts de la terre avec des saveurs marines.

La nuit tombée, nous participerons aussi au Correfoc, un rite païen venu du fond des âges, qui enflamme les rues de la capitale catalane au mois de septembre, pour clore les fêtes de la Mercè.


Les Baléares autrement
Nous allons vous faire découvrir les Baléares autrement, loin des clichés estivaux : plages bondées, clubbers survoltés, tourisme de masse.

Majorque est la plus grande île de l’archipel. Maria Angels Sarragut accompagne tous les week-ends des randonneurs à la découverte de la Serra Tramontana, une chaîne montagneuse qui occupe tout le nord de l’île. Les visiteurs appréhendent le relief accidenté et les paysages préservés de ce site naturel exceptionnel, inscrit en 2011, sur la liste du patrimoine mondial.

Le village de Valledemossa, avec sa chartreuse fondée au Moyen-Age, est l’un des plus beaux sites de Majorque. Andreu Muntaner réédite les vieilles photographies prises par son grand-père, il y a 100 ans. C’est sa façon à lui de perpétuer la mémoire et de montrer que l’île a conservé son esprit villageois.

La capitale des Baléares, Palma, offre, côté mer, une station balnéaire et un urbanisme moderne des années 60 ; côté ville, une architecture éclectique où se côtoient façades néo-gothique et art nouveau. Le palais des rois de Majorque, appelé aussi « Almudaina » est une forteresse du XIII° siècle. Tour à tour musulmane puis chrétienne, elle est toujours résidence officielle du Roi d’Espagne.

Les Baléares, c’est également Ibiza. Bien que cette île soit l’un des endroits les plus branchés de la planète, elle réserve quelques belles surprises.

Lucas Torres est le patron d’un restaurant de poissons, une bonne table ibicenca. Au mois d’octobre, quand les touristes ont déserté, il retrouve l’Ibiza qu’il aime, une île paysanne. Dès qu’il le peut, il participe à une matanza, une journée de fête en famille ou entre amis au cours de laquelle on transforme tout un cochon en spécialités locales.

Maria Carreno, architecte locale, réhabilite les anciennes fermes, les fincas, aujourd’hui laissées à l’abandon. Selon elle, le seul moyen de préserver ces bâtiments est de les reconvertir, de leur donner une nouvelle vie.

Michel Sarran, chef toulousain auréolé de deux étoiles Michelin, a découvert Ibiza il y a 5 ans, avec de nombreux clichés en tête. Ce fut pourtant un coup de foudre. Depuis, il vient se ressourcer ici dès qu’il le peut. Pour cela, il a acheté une magnifique villa, avec vue sur la mer, dont il nous ouvre les portes.

Après le tourisme, les salines représentent la deuxième activité économique de l’île. Les premiers à avoir utilisé ces marais salants sont les Carthaginois dès le VIème siècle avant Jésus-Christ. Une continuité d’exploitation qui valut un temps à Ibiza le surnom d’«île du sel»…

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