Thursday, 16 April 2015

Jean Paul Gaultier travaille réalisé par Loïc Prigent



En marge de l'exposition que lui consacre le Grand Palais à Paris, le couturier Jean Paul Gaultier revisite ses tenues phares devant la caméra complice de Loïc Prigent ("Le jour d'avant"). Une leçon de mode enthousiasmante.

Entouré de la discrète et efficace Mireille, première d'atelier, et d'Alex, élégant mannequin couture, Jean Paul Gaultier s'affaire, coupe, déchire, virevolte dans son atelier. Devant la caméra d'un habitué des lieux, Loïc Prigent (auteur entre autres de la collection Le jour d'avant), et avec un enthousiasme communicatif, il reconstitue en deux temps trois mouvements ses douze tenues les plus emblématiques, évoquant ses influences et retrouvant le cheminement créatif qu'il a suivi alors. Près de quarante ans de création défilent, de sa première collection en 1976, "faite de bric et de broc" avec l'aide de sa mère, de sa cousine et même de sa concierge, aux expérimentations haute couture, en passant par les avanies qu'il a fait subir à Nana, son ours en peluche et premier mannequin, déjà affublé des seins coniques popularisés par Madonna.

Mille et une marinières
Une idée géniale, quelques épingles, un coup de ciseaux font surgir la silhouette canaille des débuts (perfecto punk, poches en jean et jupon en tulle). Défileront ensuite le bracelet boîte de conserve qui deviendra l'écrin du parfum maison, les mille et une métamorphoses de la marinière, les robes corsets, les vêtements tatouages… Des images d'archives complètent le tableau, montrant les différentes déclinaisons d'une idée, ainsi que les exubérances d'une mode qui a su faire fi des conventions et inventer de nouveaux codes, à coups de détournements, de métissage et d'humour. Pour expliquer la création de sa célèbre jupe pour homme, inspirée au départ des longs tabliers blancs des serveurs, Jean Paul Gaultier fait appel à Tanel, son "mannequin muse", pour reconstituer ce vêtement qui mixe astucieusement les attributs masculins et féminins. Revisitant tout un pan de l'histoire de la mode, ce film attrape aussi l'élan créatif du couturier, qui construit ses silhouettes en dessinant, mais aussi et surtout, par le geste, en drapant un tissu sur le corps d'un mannequin.

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