Monday, 1 June 2015

Les Trésors de la joaillerie française réalisé par Marion Vaqué-Marti & Stéphane Bion


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Une escapade inhabituelle pour Sophie Jovillard, qui s’aventure cette fois dans le monde extraordinaire de la joaillerie française. Du beau, du luxe et du savoir-faire pour rêver aux bijoux inaccessibles qui, au fil du temps, ont accompagné l’évolution de la société.

Boucheron, Cartier, Chaumet, Mellerio dits Meller et Van Cleef & Arpels, cinq synonymes de l’excellence et du luxe à la française ! Symboles d’un artisanat d’art encore aujourd’hui inégalé dans le monde, ces cinq maisons ont accepté exceptionnellement d’ouvrir leurs portes à Sophie Jovillard. A l’abri des murs de la place Vendôme et de la rue de la Paix, leurs collections privées rassemblent, en effet, les pièces emblématiques de leur patrimoine, mais aussi des bijoux contemporains exceptionnels. De l’origine de ces prestigieuses joailleries aux mariages princiers les plus en vue du XXe siècle, en passant par les fastes de l’Empire, la période sombre de l’Occupation et les années folles, Sophie raconte, au travers notamment d’anecdotes amusantes et méconnues, comment les pierres précieuses ont joué un rôle majeur dans l’histoire de France.

La plus ancienne des maisons de haute joaillerie, Mellerio dits Meller, est née il y a quatre cents ans. Après avoir obtenu les faveurs de Marie de Médicis, Mellerio demeure le fournisseur de la cour et devient l’un des joailliers de la reine Marie-Antoinette. Mais aussi du roi Louis XVI qui, en tant que souverain, se doit de porter les plus belles pierres. Pour preuve: le diamant Le Régent – acheté en 1714 par Philippe d’Orléans, aujourd’hui exposé au musée du Louvre, et considéré comme le plus pur au monde – sera monté sur les couronnes du sacre des rois Louis XV et Louis XVI. A l’époque de l’Empire, pour Napoléon Bonaparte, les bijoux représentent le pouvoir et la puissance. Un autre joaillier, Marie-Etienne Nitot, fondateur de Chaumet, fait son apparition. C’est lui l’artisan des joyaux du sacre impérial. En avance sur son temps, Nitot comprend vite que l’Empire est aussi un tournant dans le domaine des arts décoratifs. Le diadème revient à la mode et les bijoux se veulent naturalistes.

Paris, capitale de la joaillerie
Collerette Marie de Médicis (Mellerio dits Meller). © Martange Production Plus tard, l’instauration de la IIIe République s’accompagne d’une mutation profonde de la société. Les années de la Belle Époque, entre 1870 et la Première Guerre mondiale, sont marquées par la paix, le progrès social et technologique. La rue de la Paix et la place Vendôme deviennent des lieux très prisés. Frédéric Boucheron, le premier à y ouvrir une boutique, rencontre immédiatement le succès en créant pour ses clientes, issues de la grande bourgeoisie, la nouvelle classe dirigeante, des œuvres plus faciles à porter et plus féminines.

Fondé en 1847, Cartier innove et fait évoluer la joaillerie en associant le diamant au platine à la place de l’or. De son côté, la maison Van Cleef & Arpels, créée en 1906, acquiert ses lettres de noblesse dans les années 1930 grâce à ses prouesses techniques. Comme ceux de Cartier, ses bijoux sont conçus pour les femmes modernes et chics. Mais le luxe n’a pas fait oublier leur patriotisme aux joailliers. Durant l’Occupation et dans l’immédiat après-guerre, bon nombre de créations traduisent l’esprit de l’époque, telles la broche « oiseau en cage », puis « oiseau libéré » de chez Cartier, ou le clip « infirmière » de chez Van Cleef… Aujourd’hui, ces grandes maisons continuent de s’imposer par leur créativité et leur savoir-faire.

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