Monday, 31 August 2015

Louis XIV, roi des arts réalisé par Priscilla Pizzato



Monarque et grand mécène, le Roi-Soleil a mis la création à son glorieux service, tout en l'accompagnant avec passion. L'art prend ainsi une dimension politique et la France atteint alors son apogée culturel. À l'occasion du 300e anniversaire de la mort de Louis XIV, ce documentaire offre une déambulation flamboyante dans les fastes versaillais.

N'en déplaise à Saint-Simon qui jugeait l'esprit du roi "au-dessous du médiocre", Louis XIV a reçu une solide éducation artistique. Homme de culture, son parrain Mazarin veille à ce qu'il apprenne, entre autres, la musique et la danse. Dans ce dernier domaine qui, à l'époque, fait de vous un homme accompli au même titre que l'escrime et l'équitation, il montre de grandes aptitudes. Des années durant, il se produira dans des spectacles somptueux, qui lui permettront de s'affirmer comme monarque face à une aristocratie frondeuse, quand il interprète le rôle de Jupiter ou du Soleil. Car si Louis XIV est passionné par les arts (au point de superviser lui-même le casting des chanteurs de la Chapelle royale), il sait aussi les instrumentaliser. C'est à une mise en scène du pouvoir que se livrent les plus grands artistes de son temps, chapeautés par le souverain lui-même et par Colbert, véritable "ministre de l'image" du roi. Mais Louis XIV est adepte du "donnant-donnant" et apporte un immense soutien aux artistes qu'il apprécie, prenant ainsi la troupe de Molière sous son auguste aile en pleine cabale dévote contre Tartuffe.

Concentration de talents
Diffusé à l'occasion du 300e anniversaire de la mort de Louis XIV, ce documentaire revisite cette politique artistique hors du commun et montre comment le Roi-Soleil a influencé l'esthétique de son époque. Au fil des interviews d'historiens, de conservateurs, des chorégraphes et des musicologues, sa personnalité apparaît plus complexe qu'on ne l'imaginait : despotique et tenace certes, mais aussi brillante et passionnée. Le documentaire montre aussi l'incroyable concentration de talents qui l'entourait, dévoilant au passage la face ténébreuse du génial Lully, la disgrâce de La Fontaine, l'amitié entre le roi et Le Nôtre. Au cours de cette déambulation flamboyante, la caméra tourbillonne dans Versailles, splendide écrin où l'autorité royale se manifeste par la surenchère et dont le film raconte l'édification. Il fait la part belle aux arts, dévoilant les mystères des statues et les cours des petits rats de l'opéra, et citant de nombreux extraits d'opéras, de pièces et de films (Le roi danse, Saint-Cyr…).

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