Sunday, 27 September 2015

À qui appartient l’ex-RDA ? - Les deals de la réunification réalisé par Matthias Hoferichte & Ariane Riecker



Après la chute du mur de Berlin, l’ex-RDA communiste a intégré l’économie de marché du jour au lendemain. Qui sont les investisseurs qui ont profité de cette situation, et avec quelles conséquences?

Des milliers d'entreprises, des millions d'hectares de bois, de terres et d’étendues d’eau, des centaines de milliers d'habitations… La RDA avait déclaré l'ensemble de ces biens et ressources "propriété du peuple". Avec la réunification, la question se pose : désormais, à qui appartiennent-ils? L'ambiance est à la ruée vers l'or, et des investisseurs du monde entier se jettent dans la mêlée, encouragés par d’importants avantages fiscaux. Mais les privatisations massives ne sont que rarement en accord avec les intérêts des populations locales. L'Est manque de capitaux, la grande majorité des investissements provient donc de l'Ouest : de l'ex-RFA, des États-Unis, et surtout de France – avec Elf, GDF, Lafarge, ou encore la Générale des Eaux, qui rachète les mythiques studios de cinéma de Babelsberg. Entre 1990 et 2003, les entreprises françaises ont ainsi injecté plus de 8 milliards d'euros dans les nouveaux Länder.

Depuis le début des années 2000, les investisseurs étrangers s'intéressent également aux centres-ville est-allemands, à la croissance particulièrement dynamique comparée à l'Ouest, miné par la crise des banques. En 2006, un fonds d’investissement américain met notamment la main sur l’ensemble des logements sociaux de la municipalité de Dresde. Cette gigantesque redistribution a laissé des marques tangibles à tous les niveaux – politique, social et individuel. Malgré l’"ostalgie" (la nostalgie de la RDA) répandue chez certains habitants inquiets pour leur avenir, la propriété privée a bien fini par s'imposer en ex-RDA.

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