Wednesday, 28 October 2015

La douleur, un marché ? réalisé par Judith Stein & Robert Eckert



Les antidouleurs sont aujourd’hui consommés en grande quantité, en France comme chez nos voisins. Leurs effets sont pourtant moins anodins qu’on voudrait nous le faire croire. Contre-enquête.

Maux de tête, rage de dents, douleurs musculaires… : pour la plupart d’entre nous, le recours aux antidouleurs est devenu un réflexe au moindre désagrément. En vente libre et peu onéreux, paracétamol, ibuprofène, aspirine ou diclofénac agissent vite et bien, sans effets secondaires notables – du moins selon la publicité et les médecins. En réalité, une surconsommation d’antalgiques peut mener à un empoisonnement et à de graves insuffisances rénales. Ces molécules présentent également l’inconvénient de faire taire les signaux d’alarme de notre corps, qui devraient au contraire nous inciter à consulter.

Si la méconnaissance de ces produits subsiste, c’est que l’automédication est un business lucratif : en Allemagne, ces cachets disponibles sans ordonnance rapportent plus de 500 000 euros par an. L’industrie pharmaceutique débourse des sommes astronomiques – notamment sous la forme de cadeaux ou d’honoraires opaques – pour convaincre médecins et politiques de prescrire et légiférer en leur faveur. Cette connivence s’est installée au détriment de l’intérêt général et de la santé publique. Si aux États-Unis, des scandales ont mené à une loi obligeant l’industrie pharmaceutique à rendre publique toute faveur faite aux médecins, la transparence n’est pas encore de mise en Allemagne et en France. Comment y remédier ? Une enquête qui nous rappelle que vente libre n’est en rien synonyme d’innocuité…

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