Tuesday, 6 October 2015

Warren Beatty, une obsession hollywoodienne réalisé par Olivier Nicklaus



De son premier grand rôle au cinéma ("La fièvre dans le sang", 1961) jusqu'à son dernier film en date ("Bulworth", 1998), il aura cherché et fui avec la même ardeur les feux des projecteurs. Irrésistible incarnation du mâle américain et collectionneur de femmes, l'acteur-producteur-scénariste et réalisateur Warren Beatty incarne à lui seul le génie, la candeur et les excès d'Hollywood.

De son premier grand rôle au cinéma (La fièvre dans le sang, 1961) jusqu'à son dernier film en date (Bulworth, 1998), il aura cherché et fui avec la même ardeur les feux des projecteurs. Irrésistible incarnation du mâle américain et collectionneur de femmes, l'acteur-producteur-scénariste et finalement réalisateur oscarisé Warren Beatty incarne à lui seul le génie, la candeur et les excès d'Hollywood. Devenu, dès l'âge de 30 ans, grâce à Bonnie and Clyde, prince de ce royaume du cinéma qu'il a passionnément voulu conquérir, il mettra la même obstination à se dérober à ses diktats, se réfugiant dans le silence à intervalles réguliers et rejetant projets et rôles. Sa flamboyante carrière se lit à l'aune de cette ambivalence, à l'image de la brève campagne à l'élection présidentielle de 2000 que cet homme de gauche entame avec fougue puis abandonne subitement, sans donner d'autre raison que son envie d'être ailleurs. Avec, peut-être, une exception : Reds, son deuxième film en tant que réalisateur, couronné d'un Oscar en 1981. Peut-être ce perfectionniste, capable de travailler des années sur un projet qui lui tient à cœur, n'est-il devenu star que pour convaincre les studios de faire du journaliste communiste John Reed, épouvantail de l'Amérique, le héros d'une éblouissante fresque hollywoodienne. C'est l'une des séduisantes hypothèses avancées par Olivier Nicklaus dans ce portrait romanesque, à la mesure de son sujet, composé exclusivement d’images d’archives et de séquences d’animation, qui traverse quarante ans de cinéma, entre modernité et nostalgie.

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