Sunday, 22 November 2015

Sleepless in New York réalisé par Christian Frei



Trois personnes délaissées pansent leurs plaies dans la nuit new-yorkaise... Christian Frei filme les douloureuses étapes du deuil amoureux. Un documentaire poétique et émouvant, enrichi par les recherches menées par l'anthropologue Helen Fischer.

"Vous venez d'être quitté, et vous n'arrivez pas à lâcher prise ? Contactez-moi." C'est avec ce tract, distribué dans les rues de New York, que le réalisateur suisse Christian Frei a entamé les recherches pour son nouveau documentaire. Son but ? Filmer le cheminement de l'après-rupture amoureuse. Étonnamment, le sujet n'avait jamais été traité sous l'angle documentaire. Épaulées par l'anthropologue Helen Fisher, trois personnes, filmées principalement la nuit, livrent ici une part de leur intimité : insomnies, rage, manque, lutte perpétuelle contre soi-même… Un éventail des réactions humaines face à la peine de cœur, marqué du sceau constant de la souffrance. Où l'on fait le triste constat que l'addiction amoureuse sollicite les mêmes régions du cerveau que celles de la dépendance à l'héroïne…

Territoire meurtri
Habitué aux tournages dans les zones de guerre, le réalisateur suisse Christian Frei explore ici un territoire meurtri d'un genre nouveau. Nourri des recherches d'une anthropologue sur l'étonnante physiologie des blessures de l'amour et joliment habillé des violons de Max Richter (compositeur, entre autres, de la bande originale de Valse avec Bachir), Sleepless in New York entre en résonance avec nos propres histoires. Forcément universel, le film se révèle bouleversant et poétique, sans pathos.

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