Tuesday, 12 January 2016

L'autre versant de Gstaad réalisé par Elisabeth Aubert Schlumberger



Confrontation et choc des cultures à Gstaad entre la population locale et la jet set internationale, qui a pris d'assaut la station suisse. Ils sont paysans, charpentiers, moniteurs de ski ou directeur du Palace Hôtel, ils nous parlent de leurs relations ambigües avec ces "visiteurs", source de revenus indispensable.

Le charme bucolique de Gstaad attire les familles fortunées, les célébrités et les têtes couronnées depuis plus d'un siècle. Ces invités, les « Gäste », deviennent des habitués des grands hôtels, en particulier du Palace de Gstaad, réputé pour ses traditions hôtelières et les soirées-concerts attirant des artistes de prestige, organisées par les Scherz depuis trois générations.

Aujourd’hui, en haute saison, le Saanenland double le nombre de ses habitants. Tout en préservant leur identité, les « indigènes », les habitants de la région, ont su tirer profit de l’engouement des puissants de ce monde pour leurs clémentes vallées, et faire de Gstaad un lieu légendaire. Il fait bon vivre dans ce pays où le chômage n’existe pas, mais depuis quelques années des rumeurs de mécontentement circulent...

Pour répondre à la demande croissante des « invités » qui souhaitaient acquérir des résidences secondaires dans le Saanenland, les autorités acceptent que des terrains agricoles deviennent constructibles.

Lors de successions ou par appât du gain, des « indigènes » vendent leur bien aux plus offrants, donc le plus souvent à des étrangers. Avec l’augmentation des prix, l’achat de biens immobiliers est devenu impossible pour les habitants du cru. Les jeunes sont obligés d’émigrer dans des vallées retirées pour se loger à un prix abordable.

Les nouveaux propriétaires ont respecté les normes architecturales des charpentiers du 16ème siècle, mais le village de Gstaad est maintenant jalonné de boutiques de luxe et déserté par les « indigènes » qui se sentent menacés par l'invasion croissante de leurs «invités», de plus en plus indifférents à leurs traditions.

Christine, Walter, Léonie, Andrea et leurs familles sont paysans, charpentiers, professeur de ski ou directeur du Palace de Gstaad. Au fil des saisons, ils se révèlent dans leur quotidien avec authenticité, sans masquer leurs relations ambiguës avec ces "invités", devenus une source de revenus indispensable .

No comments:

Post a Comment