Wednesday, 2 March 2016

Taïwan, l'île aux 1000 violons réalisé par Mark Kidel



Carrefour culturel depuis des siècles, ayant tour à tour subi la colonisation européenne, japonaise puis l'influence américaine, Taïwan vit une singulière et très intime histoire d'amour avec la musique classique. Ici, les grands chefs d'orchestre de passage, dont sir Simon Rattle, s'étonnent de la jeunesse et de la "faim" du public lors de leurs concerts. Une passion partagée par le milliardaire Shi Wen-long, ému aux larmes, enfant, par la Rêverie de Schumann qu'il avait découverte à la faveur d'un film muet dans les années 1930. À Tainan, dans le sud de l'île, le vieil homme a réuni quelque 1 400 violons - dont les plus précieux Stradivarius -, la plus importante collection au monde.

Identités
Peu à peu, cette mélomanie a engendré des vocations. Première musicienne taïwanaise primée, la pianiste Chen Pi-hsien se souvient de son exil de jeune prodige en Allemagne dans les années 1960 où la solitude, dit-elle, lui a permis de gagner en profondeur. Une pionnière suivie par d'autres, comme aujourd'hui la jeune et vibrante violoniste Sophie Wang. Mais cette inclination des Taïwanais pour Beethoven ou Vivaldi, incarnée encore par le prestigieux Orchestre philharmonique de Taïwan, a peut-être freiné l'expression d'une identité musicale asiatique plus affirmée. Un syncrétisme en devenir porté par l'Orchestre chinois de Taipei. À travers ce voyage sensible en musique, et en s'appuyant sur d'émouvants témoignages, ce film explore en douceur l'âme et les paradoxes culturels de l'île.

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