Tuesday, 5 April 2016

Broken Land réalisé par Stéphanie Barbey & Luc Peter



Dans le désert, à l'ombre de la barrière érigée pour freiner l'immigration clandestine venue du Mexique, des Américains racontent leur quotidien, entre peur, rage et compassion pour des migrants qu'ils ne voient jamais.

C'est l'autre mur de la honte : 1 300 kilomètres d'acier pour cinq mètres de hauteur en zone militarisée, qui scindent le désert entre les États-Unis et le Mexique pour bloquer l'immigration clandestine. Une ligne noire, hérissée de tours de contrôle, jalonnée de checkpoints et arpentée par des gardes-frontières, que franchissent encore des trafiquants de drogue et des migrants au péril de leur vie, silhouettes nocturnes et "ombres blanches" détectées par des caméras infrarouges. De ces passages ne restent que des vêtements et des jouets abandonnés, quand des ossements sous le sable - cimetière à ciel ouvert - disent le prix parfois payé.

Tragédie quotidienne
Sans commentaire, le film suit ces traces muettes, à travers le regard d'Américains vivant en Arizona au pied de l'omniprésente barrière. Dans cette communauté éclatée se mêlent vétérans du Viêtnam reconvertis en miliciens, ranchers se plaignant de l'"odeur des Mexicains, différente de celle des MO" (les Moyen-Orientaux). Certains se souviennent du temps d'avant le mur où fermiers des deux côtés de la frontière s'entraidaient. Militants vaillants d'une cause perdue, d'autres déplorent cette guerre sans nom, déposant des bouteilles d'eau dans le désert pour les candidats à l'exil. Le film ausculte les bouleversements à l'oeuvre dans la région, restituant avec force la violence vaine de la "grande muraille" léguée par George W. Bush.

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