Sunday, 22 May 2016

Drogues et création Une histoire des paradis artificiels - La grande danse sauvage réalisé par Jérôme de Missolz



Au coeur de l’exploration, par le cinéaste, des limites de la perception sous l’influence de drogues : le mouvement psychédélique des années 1960, qui, à l’évidence, fascine Jérôme de Missolz autant que le rock auquel il a déjà consacré un film. Son nouvel opus, Drogues et création, une histoire des paradis artificiels, évoque d’abord les racines et les précurseurs de cette culture, avant d’en étudier les principales formes et ramifications depuis les années 1960.

Le second volet, intitulé La grande danse sauvage, débute dans les années 1930 avec, bien sûr, Antonin Artaud. Il s’attarde plus particulièrement aux diverses explorations psychédéliques dans les différents domaines culturels, depuis les représentants de la Beat Generation jusqu’aux artistes actuels. Le film y fait, naturellement, la part belle aux figures de la contre-culture des années 1960, véritable quintessence de la Drugculture.

Le principal intérêt du film est de mettre habilement en contexte son sujet afin d’en poser les sources, les motivations et les grandes figures, sans jamais tomber dans la fascination béate de la figure du toxicomane en créateur ex nihilo. C’est d’abord la mise en relation que le réalisateur opère, par un montage sensible, juste et intelligent, d’oeuvres de différents domaines (littérature, musique populaire et savante, arts visuels, cinéma expérimental, etc.) qui caractérise ce film touffu, dense et riche. Grâce à des images cinématographiques inspirées et à un rythme dynamique, Jérôme de Missolz parvient à évoquer ces univers envoûtants et poétiques, à les incarner même, de manière non pas à illustrer son propos, mais à le faire ressentir, voire quasiment expérimenter au spectateur. Un documentaire vraiment inspiré.

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