Monday, 11 July 2016

Le siècle de Lévi-Strauss réalisé par Pierre Assouline



Claude Lévi-Strauss raconté par lui-même : au fil d'un montage éclairant d'entretiens avec l'anthropologue et d'archives des grands événements du XXe siècle, Pierre Assouline dessine le portrait du père du structuralisme en homme libre.

" Je suis devenu ethnologue pour des raisons impures. C'était une voie de traverse qui permettait de courir le monde, de s'aérer", raconte Claude Lévi-Strauss (1908-2009), évoquant, en ouverture du film, ses débuts comme professeur invité à l'université de São Paulo, en 1935, alors que la discipline est encore balbutiante. Mû par le désir de s'évader d'Europe et de l'enseignement de la philosophie, il repousse les frontières intellectuelles au contact des peuples indigènes qu'il visite 13 dès ses premières vacances, dans l'État amazonien du Mato Grosso. Il y structure une pensée nouvelle, s'appuyant sur des connaissances élargies, "où rien d'humain ne reste étranger [...] même les sociétés les plus lointaines et qui nous paraissent les plus humbles et les plus misérables".

Le poétique et le rationnel
Se rêvant compositeur, Claude Lévi-Strauss conçoit son oeuvre maîtresse Tristes Tropiques (1955) à la manière d'un opéra dans lequel il retisse ensemble ce que les sociétés occidentales ont dispersé : "cette alliance primitive entre le poétique et le rationnel". Au fil d'un montage éclairant d'entretiens avec Claude Lévi-Strauss, de films et de photographies issus de sa collection privée, d'archives des grands événements du XXe siècle, Pierre Assouline dessine le portrait du père du structuralisme en homme libre, sans appartenance à une université, un parti politique 13 à l'exception d'une brève incursion à la SFIO 13 ou une religion. À la fin de sa vie, face à la disparition des sociétés primitives, il s'inquiète : "Tout ce que j'aime est en train d'être détruit." Le grand penseur donnera un nom à ce mal : "la monoculture universelle".

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