Friday, 15 July 2016

Oleg et les arts bizarres réalisé par Andres Duque



Rencontre émouvante avec un mystérieux pianiste russe, Oleg Karavaichuk, littéralement possédé par sa musique. Dans le musée de l'Ermitage, à Saint-Pétersbourg, il parle de l'émotion que l'art lui inspire, seul remède contre les maux d'une époque et seul moyen de réconcilier l'homme et le monde.

Une silhouette hiératique et voûtée, béret vissé sur un visage émacié, s'avance face caméra, s'offrant au regard avec une lenteur d'un autre temps. Difficile d'affirmer s'il s'agit d'un homme ou d'une femme, avec cette voix qui chevrote entre les aigus et les médiums. L'apparition d'Oleg Karavaichuk dans le musée de l'Ermitage, à Saint-Pétersbourg, évoque les fantômes. Mais la présence du pianiste dans cette galerie richement ornée n'a rien d'incongru : il parle de l'émotion que l'art lui inspire, seul remède contre les maux d'une époque et seul moyen de réconcilier l'homme et le monde. S'il parle aussi de sa Russie, il joue surtout du piano mis à sa disposition - celui du tsar Nicolas II.

Mystérieuse aura
Connu pour son génie de l'improvisation autant que pour ses compositions pour le cinéma, Oleg Karavaichuk reste une figure énigmatique, insaisissable et libre de la culture russe. Plus qu'un portrait, Oleg et les arts bizarres organise la rencontre avec une aura : celle, vibrante, d'un vieux sorcier de 89 ans littéralement habité par sa musique. En témoigne cette séquence d'une densité sidérante où il rejoue ses gammes sans piano, l'esprit tourné vers un ailleurs inaccessible. Un des moments culminants de ce film émouvant, qui rappelle qu'un artiste est avant tout porteur d'un savoir mystérieux.

No comments:

Post a Comment