Thursday, 28 July 2016

Télévision (histoires secrètes) 1-3 Géniteurs réalisé par Marie-Ève Chamard & Philippe Kieffer



C’est l’histoire d’un microcosme, d’un petit groupe d’industriels, de mini-titans qui se sont déchiré durant les années 1980 pour obtenir une part du gâteau audiovisuel français. Plus habitués à entendre les sourds échos de la guérilla que mènent les starlettes du petit écran entre elles, les téléspectateurs découvrent d’étonnantes histoires secrètes grâce à ce document en béton. Ses auteurs, Marie-Ève Chamard et Philippe Kieffer, évoquent ici leur travail.

Première partie : Géniteurs

1981. La nouvelle majorité socialiste ouvre une brèche dans le monopole en autorisant les radios locales privées. Les PDG de l’audiovisuel sont remplacés. Georges Fillioud est nommé ministre de la Communication.

Le procès de la « télévision giscardienne » est fait dans la rue, dans les couloirs des chaînes et du nouveau pouvoir. Selon André Rousselet, alors conseiller du nouveau président : « Pour les politiques, ne comptent que les informations » lorsqu’ils s’intéressent à la télévision. Georges Fillioud explique aujourd’hui comment il a fait couper les lignes de téléphone qui le reliait directement aux PDG des chaînes.

1982. La loi du 29 juillet relative à la liberté de communication audiovisuelle met fin au monopole. La Haute autorité est fondée (Michèle Cotta, présidente).

Depuis quelques années, l’homme d’affaires Jean Frydman travaille sur un projet de télévision cryptée dont les programmes seraient diffusés dans les créneaux vides des trois chaînes d’État. TVCS s’inspire des pay TV américaines. Pour avoir soutenu Giscard, Frydman est mis hors jeu. L’agence Havas récupère le dossier nommé Canal 4. Lors de son arrivée à la tête de la société, Rousselet, qui avoue ne rien connaître aux médias à cette époque, le découvre avec surprise. Antoine Lefébure raconte : « Il a trouvé ce qu’il allait faire à Havas. »

1984. Canal +, la première chaîne de télévision privée française voit le jour. Elle est dirigée par le président d’Havas, André Rousselet.

Personne ne croit à Canal +, qui va connaître une première année difficile. L’ambition d’y diffuser des programmes culturels a été abandonnée, on s’oriente vers l’idée d’une chaîne « cadeau » offerte aux Français. Pendant ce temps, Jacques Chirac annonce ses projets en matière d’audiovisuel. Il prévoit la privatisation de deux chaînes du service public.

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