Thursday, 18 August 2016

Rue des prairies réalisé par Denys de La Patellière



Henri Neveux rentre d'Allemagne après deux ans de captivité. Sa femme vient de mourir laissant trois enfants, Louis et Odette et un nouveau-né, Fernand, issu d'une liaison adultère, mais qu'il accepte comme son fils. Élevant seul les enfants, Henri fait tout pour qu'ils aient la meilleure éducation possible. Si Fernand pose quelques problèmes scolaires, les aînés s'en sortent mieux : Louis devient coureur cycliste professionnel tandis qu'Odette devient cover-girl et la maitresse d'un homme riche et marié. L'un et l'autre veulent oublier leur origines modestes et s'écartent de leur père. À la suite d'une fugue, Fernand est traduit devant un tribunal pour mineurs. Face aux magistrats, les deux ainés accablent leur père tandis que Fernand, le fils illégitime montre un véritable amour filial pour Henri. Ce drame psychologique nous parle d'amour. Il illustre que l'amour filial va au-delà des liens du sang.

Rue des prairies s'inscrit aussi dans une série de films mettant en scène Jean Gabin et témoignant d'une forme de rejet, au cinéma, des grands ensembles en construction. Rue des prairies est à ce titre emblématique, de la même façon que Mélodie en sous-sol en 1963, ou Le Chat en 1970. Les grands ensembles sont en train d'être construits, et ils détruisent le monde dans lequel le personnage incarné par Jean Gabin vivait1. Dans Rue des prairies, Gabin qui habite cette rue parisienne populaire à Paris, est contremaître sur le chantier des sablons, à Sarcelles. Il est ainsi amené à construire les structures de ce qui va détruire le monde ancien dans lequel il vit. La rue des prairies, dans le XXe arrondissement de Paris, est l'archétype de la rue faubourienne parisienne, conviviale, vivante, avec un café où Henri Neveux, le personnage incarné par Gabin, connait tout le monde, où les passants déambulent au milieu des marchandes de quatre saisons... Et le film est construit sur des allers et retours entre la rue des prairies et le chantier de Sarcelles, qui incarne une modernité qui va prendre la place de ce monde ouvrier des faubourgs.

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