Sunday, 16 October 2016

Magritte, la trahison des images réalisé par Sylvain Bergère



Né en 1898 et mort en 1967, à la fois peintre et sculpteur, René Magritte était un peintre avant toute chose. Et quand on lui demandait ce qui se cache derrière sa peinture. Voilà ce qu’il répondait : " Rien ! Je peins des images visibles qui évoquent quelque chose d’incompréhensible. Je ne suis pas un symboliste… Mais bien sûr, je ne puis empêcher les gens d’interpréter mes toiles. S’ils préfèrent essayer de traverser les murs plutôt que de passer par la porte, que voulez-vous que j’y fasse ? ".

Ce film s’attache à la pensée d’un homme qui, parmi d’autres choses s’adonnait à la peinture. L’aventure surréaliste de Magritte commence en 1923, lorsqu’il découvre, dans une revue, une reproduction du chant d’amour de Giorgio de Chirico. Pour la première fois, il a le sentiment d’être confronté à une image qui, comme un électro encéphalogramme, est directement branché sur la vie de l’esprit. Il dit de ce tableau : " Mes yeux ont vu la pensée pour la première fois. "

Jusque-là, Magritte avait cru que la plus haute ambition de la peinture était de transposer une pensée en image. Chirico lui fait prendre conscience qu’il est possible de " penser en images ", de composer, avec des images, l’équivalent même d’une phrase ou d’un texte.

Jusqu’à sa dernière œuvre, Magritte sera fidèle à ce choc fondateur : " J’ai compris que j’avais enfin trouvé ce qu’il fallait peindre et je m’y suis tenu. Ma peinture n’a plus changé d’orientation. Mes tableaux sont des pensées visibles. Ces pensées sont formées exclusivement par les figures que le monde m’offre. Ces figures sont réunies dans un ordre qui évoque le mystère. "

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