Sunday, 30 October 2016

Sergueï Chtchoukine, le roman d'un collectionneur ralisé par Tania Rakhmanova



Comment un marchand de textiles a créé à Moscou, au tournant du XXe siècle, l'une des plus riches collections d'art moderne au monde, exposée à la Fondation Louis-Vuitton.

Pourquoi le musée de l’Ermitage possède-t-il l’une des plus riches collections d’impressionnistes, de Matisse et de Picasso ? Et comment la Russie qui, au début du XXe siècle, restait en retrait sur la scène internationale de l’art a-t-elle donné naissance à des artistes aussi novateurs que Kandinsky ou Malevitch ? Grâce, dira notamment ce dernier, à la collection extraordinaire constituée, année après année, de 1898 à 1914, par un marchand moscovite visionnaire, Sergueï Chtchoukine, dont le nom sera pourtant effacé, puis occulté pendant près de soixante-dix ans. Passionné d'art moderne, il choque la bonne société prérévolutionnaire en exposant dans son hôtel particulier ses trésors signés Manet puis Gauguin, Picasso (49 toiles au total), Matisse (38 tableaux, dont La danse, composé à sa demande). Frappé par des tragédies personnelles (la perte successive de deux de ses fils et de son épouse), puis chassé par la révolution, celui qui fut l'un des mécènes majeurs de son temps disparaît en 1936, dans l'anonymat, à Paris – là même où son nom était célébré, du temps de sa splendeur, dans les milieux d'avant-garde.

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