Tuesday, 8 November 2016

Raymond Devos - un Hommaginaire réalisé par Christian Leblé



Dix ans après la disparition de Raymond Devos et à la veille de l’ouverture du musée qui lui sera dédié à Saint-Rémy-lès-Chevreuse, où il avait élu domicile, ce documentaire rend hommage à l’inoubliable humoriste en revenant sur son univers particulier et son parcours. Portrait de l’un des grands noms du music-hall français, inventeur d’un rire inclassable.

« Je crois que je défends une espèce de bonhomme qui se débat dans la vie, je lui écris des histoires. » Et des histoires, il en a raconté tout au long de sa carrière dans son style si singulier, unique en son genre. Funambule des mots, acrobate du langage à l’imagination débordante, Raymond Devos a su inventer un humour intemporel en jonglant avec le verbe et le geste. Quelles étaient ses sources d’inspiration ? D’où lui venaient ce ton, cette capacité à surprendre, à faire rire en explorant l’absurdité du monde ? Comment est-il devenu ce monument de la scène française ?

Né dans le Nord, au sein d’une famille aisée, le jeune Raymond est contraint de travailler très tôt, après la faillite de son père. Le voilà dans le Paris populaire des années 1930, vivotant de petits boulots et se rêvant comédien. Requis par le Service du travail obligatoire pendant la guerre, il passe deux ans en Allemagne. Il accumule ainsi les expériences qui vont nourrir son personnage.

De retour dans la capitale, il prend des cours de théâtre à l’école très novatrice du Vieux-Colombier et intègre — avec sa femme Simone — la compagnie créée par Jacques Fabbri. Il s’intéresse à la commedia dell’arte, ajoute le mime à son bagage, grâce à un professeur hors du commun : Étienne Decroux. Il remporte ses premiers succès dans les cabarets de Saint-Germain, mais c’est finalement sur la rive droite, aux Trois Baudets, que sa carrière démarre vraiment. Jacques Canetti lui ouvre les portes des grands music-halls parisiens où se côtoient danseurs, jongleurs, illusionnistes… Devos capte l’humeur de ce monde si particulier et y puise des idées. Il devient un artiste complet.

La consécration a lieu en 1964 avec son premier one-man-show au théâtre des Variétés qui fait salle comble pendant sept mois. Deux heures de spectacle durant lesquelles il enchaîne sketchs, illusions visuelles et… musique ; car oui, il aime aussi jouer d’un ou de plusieurs instruments. Par la suite, le succès ne s’est jamais démenti. À plus de 70 ans, il monte encore sur la scène de l’Olympia où il tient l’affiche des semaines d’affilée. Dix ans après sa mort, ses nombreux jeux de mots trottent encore dans toutes les têtes…

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