Thursday, 22 December 2016

Je me souviens donc je me trompe réalisé par Raphaël Hitier



La science cerne de mieux en mieux les mécanismes de notre mémoire, plus fragile qu'on ne le pense, et donc manipulable. Une enquête troublante sur les infidélités de notre cerveau.

Nous percevons spontanément notre mémoire comme un disque de stockage, qui archive au fur et à mesure les éléments de notre vécu. C'est en effet l'une de ses fonctions, mais si nous pouvons en mesurer empiriquement certaines failles, nous n'en soupçonnons ni la complexité ni la malléabilité. Influençable, la mémoire nous joue en réalité des tours en permanence. Au cours de la vie, des chocs physiques ou psychiques ne cessent d'altérer nos souvenirs proches ou lointains. Dès 1974, une psychologue américaine, Elizabeth Loftus, a mis en lumière ce qu'elle appelle le syndrome des faux souvenirs. Reconstruites à partir de récits a posteriori, nos réminiscences sont suspectes, en particulier celles de la petite enfance. Comment démêler le vrai du faux ? Sommes-nous condamnés à être trahis par notre cerveau ? Du MIT américain à l’université de Louvain en Belgique, des dizaines de chercheurs s'attachent à comprendre les mécanismes de ces distorsions, grâce à l’imagerie cérébrale et aux protocoles expérimentaux.

Lavages de cerveau
En faisant le point sur ces recherches, ce documentaire troublant explore aussi la manipulation de la mémoire. Les neurobiologistes expérimentent aujourd’hui des méthodes pour effacer les souvenirs ou les faire émerger. Si ces innovations semblent encourageantes dans le traitement du stress post-traumatique ou de maladies comme Alzheimer, le réalisateur Raphaël Hitier (Paysages d'ici et d'ailleurs) pointe les possibles dérives de telles pratiques. Des chercheurs du CNRS savent ainsi désormais implanter des souvenirs artificiels chez des souris. Qu'en sera-t-il demain de la mémoire humaine ?

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