Wednesday, 3 May 2017

Argentine, les 500 bébés volés de la dictature réalisé par Alexandre Valenti



30 après la fin de la dictature militaire qui, pendant huit ans, a écrasé l’Argentine, France 5 propose un documentaire exceptionnel signé Alexandre Valenti. Fipa d’Or 2013 dans la catégorie reportage, ce film retrace le combat acharné des Grands-mères de la place de Mai pour retrouver leurs petits-enfants disparus. Un combat exemplaire et universel.

Elles s’appellent Rosa, Estela, Chicha, Elsa, Chela ou Jorgelina. Toutes sont des femmes ordinaires que rien ne prédestinait à devenir extraordinaires ; rien, sauf peut-être les aléas de l’histoire. Issues d’horizons et de milieux socioprofessionnels divers, elles n’ont au départ en commun que l’horreur que la dictature a semée dans leurs vies. Ensemble et pendant 35 longues années, elles vont se battre inlassablement contre l’appareil d’État, parcourir le monde pour faire connaître leur cause et réussir à obtenir de l’aide de grands scientifiques. Ces mères de famille anonymes, devenues malgré elles des symboles de la lutte contre l’oppression, se sont fait connaître dans le monde entier comme les Grands-mères de la place de Mai.

En 1976, un coup d’État militaire renverse le gouvernement en Argentine. S’ensuivent huit années d’une terrible répression contre les opposants au régime. Cadres politiques, étudiants, ouvriers… sont séquestrés, torturés, assassinés en toute impunité. On estime ainsi à 30 000 le nombre de disparus durant ces années noires. Des jeunes femmes enceintes n’échappent pas non plus aux exactions des militaires. Enchaînées et cagoulées, elles accouchent dans des centres de détention tels que l’Esma (École mécanique de la marine, située au cœur de Buenos Aires) de bébés qui leur sont enlevés dès la naissance. 500 nouveau-nés ont ainsi été arrachés des bras de leurs mères par des tortionnaires qui se les sont appropriés. Les autres ont été donnés à de « bonnes familles chrétiennes ». Pour retrouver 700 de ces enfants, les Grands-mères de la place de Mai ont non seulement défié le pouvoir totalitaire mais aussi eu recours à la science génétique, qu’elles ont contribué à faire avancer. C’est leur combat, qui se poursuit encore aujourd’hui, que raconte Alexandre Valenti, au moment où l’Argentine renvoie devant la justice les principaux dignitaires du régime.

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