Sunday, 6 August 2017

Jacques Derrida - Le courage de la pensée réalisé par Virginie Linhart & Benoît Peeters



À l'occasion du dixième anniversaire de sa disparition, itinéraire d'une figure philosophique inclassable du XXe siècle, dont la pensée vivante et déstabilisante se confondait avec son existence et les événements de son temps. Avec notamment le témoignage d'Étienne Balibar, Jean-Luc Nancy, Hélène Cixous, Élisabeth Roudinesco et Philippe Sollers.

Pendant longtemps, ceux qui s’intéressaient à Jacques Derrida n’ont rien su de lui. Ou presque. Il y avait ses livres, très nombreux, ce concept qu’il a inventé – la déconstruction – devenu un signe de ralliement dans le monde entier, des traductions dans une cinquantaine de pays. Et puis, au fil du temps, les textes à la première personne ont commencé à apparaître, tout comme les récits enregistrés ou filmés. Il y avait aussi cette immense bibliothèque parsemée de photos dans la maison de Ris-Orangis, en banlieue parisienne, où Derrida vivait et écrivait lorsqu’il n’enseignait pas aux quatre coins du monde. Autant de traces qui dessinent, non pas une autobiographie, mais le parcours d’une pensée enracinée dans les soubresauts du siècle. L’Algérie bien sûr. Jackie Derrida y est né juif et a connu l’exclusion du collège à 12 ans en 1942, quand les lois antisémites de Vichy ont été appliquées outre-mer. La France ensuite, où Derrida, malgré sa hantise des concours, entre à l'École normale et passe son agrégation. Il y publie un premier texte remarqué en 1962, une introduction à "L’origine de la géométrie" de Husserl, et assiste – de loin, lui reproche-t-on – aux événements de Mai-68. Aux États-Unis enfin, il devient une idole : si sa pensée singulière – faisant fi des frontières entre les disciplines, notamment entre la philosophie et la littérature – déplaît aux institutions françaises, les universitaires américains s'en emparent avec enthousiasme et en tirent bientôt la "French theory" (dont les "gender studies")…

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