Tuesday, 8 August 2017

Le tristement célèbre M. Bout réalisé par Maxim Pozdorovkin & Tony Gerber


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Chroniquée de l'intérieur par ses propres films amateurs, la vie rocambolesque de Viktor Bout, l’un des plus gros trafiquants d’armes de la planète, aujourd’hui sous les verrous. Son histoire a inspiré le personnage principal du film "Lord of war".

Avec son embonpoint, Viktor Bout ressemble à M. Tout-le-Monde. Mais derrière ce faciès débonnaire se cache un redoutable businessman – en russe, le mot est d’ailleurs devenu synonyme de "gangster" –, qui a laissé derrière lui un sillage de mort et de sang. Né au Tadjikistan, cet ancien officier de l’armée russe est devenu dans les années 1990 et 2000 l’un des plus grands marchands d’armes au monde, faisant fleurir son trafic au gré des conflits en Afrique et au Moyen-Orient (Liberia, République démocratique du Congo, Rwanda, Afghanistan, etc.), et inspirant le personnage de Yuri Orlov dans "Lord of War" – film auquel ce documentaire fait écho de façon saisissante. À la tête d’une flotte d’avions cargos récupérée dans l’ex-URSS, Viktor Bout ne se gêne pas pour alimenter parfois les deux factions d’un conflit, faisant fi de toute morale. Arrêté en 2008 en Thaïlande par des agents américains de la Drug Enforcement Administration s’étant fait passer pour les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), il purge une peine de vingt-cinq ans de prison aux États-Unis.

Ambiguïtés
Du fond de sa cellule, Viktor Bout clame son innocence et sa voix off rythme cet incroyable documentaire construit à partir de ses vidéos personnelles (images de ses voyages d’affaires, de sa vie familiale) confiées aux réalisateurs par son épouse Alla. Mais qui est donc Viktor Bout ? Un monstre sans états d’âme ? Un bouc émissaire naïf ? Citant un rapport de l’ONU selon lequel les armes n'auraient représenté que 5 % des activités de ce "seigneur de la guerre", les réalisateurs replacent son ahurissante autobiographie dans le contexte du commerce mondial d'armements. "Je voulais voyager, voir le monde, réaliser des documentaires", confie l'intéressé, qui ne semble toujours pas comprendre la nature du film dont il s'est finalement retrouvé le héros.

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